Ice Golem & Cute Kitten

Exposition « Ice Golem & Cute Kitten« 

L’association OUTCH! a été fière de vous présenter sa première exposition « Ice Golem & Cute Kitten » au barcraft The Achievement (11 boulevard Jean Jaurès à Nancy) du 06/11 au 22/11.

Durant ce laps de temps, la pièce « Ice Golem & Cute Kitten » de la jeune artiste Alix Désaubliaux était diffusée.

Le Barcraft – The Achievement

Situé au 11 boulevard Jean Jaurès à Nancy, le barcraft The Achievement propose à ses clients l’accès à divers jeux vidéos. On pourrait l’appeler : le bar geek. Tous les soirs du Lundi au Samedi, des passionnées de jeux vidéos se retrouve autour d’un verre pour se connecter avec le reste du monde. Le bar est animé très régulièrement par des événements spéciaux tels que des parties de « loups garous » géantes, des tournois de jeux ou même des apéros web (cycle de conférence sur divers sujet autour des nouvelles technologies). C’est d’ailleurs pendant un apéro web dédié au logiciel UNITY que notre vernissage a pris place.

Alix Désaubliaux

Développant une pratique protéiforme, Alix Desaubliaux convoque dans la création de ses pièces des matériaux qui ont a priori davantage à voir avec la programmation informatique qu’avec les catégories traditionnelles des arts plastiques, dont elle repousse habilement les limites. Le code, la 3D, les jeux vidéo sont en effet quelques-uns des moyens qu’elle utilise pour générer des expériences interactives. Comme une fenêtre ouverte sur un nouveau monde, son travail nous invite littéralement à basculer dans un environnement virtuel, à engager le dialogue avec les machines qui nous entourent et à explorer les formes d’intelligence dont elles sont aujourd’hui porteuses.

«Ice Golem & Cute Kitten»

Deux assets gratuits et pré-créés, Ice Golem et Cute-kitten (NPC) destinés à être utilisés librement pour créer des jeux vidéos, coexistent dans un monde où aucun joueur n’intervient. Piégés dans la boucle de leur scripts respectifs, enfermés dans une seule et même action, ils sont contraints de subir l’effondrement de leur univers, impuissants, en attendant l’influence d’un joueur qui ne viendra jamais. Le monde se recharge automatiquement lorsque sa corruption atteint un niveau critique, enfermant les deux personnages dans une boucle sans fin.

La vidéo est créée à l’aide du moteur Unity, qui est envisagée comme un studio de tournage plutôt qu’un outil de création de jeu vidéo.

Pourquoi ça fait OUTCH! : Un pied de nez numérique

La vidéo charge. Gros plan sur l’herbe agitée par le vent. Du rouge au vert, on découvre un décor cubique et un chat. Nous y sommes, c’est un jeu vidéo. Heureusement, nous sommes au barcraft The Achievement. Le jeu vidéo c’est leur domaine, et c’est par passion que tous les soirs on retrouve les mêmes visages absorbés par les écrans. Ici, changement d’optique, les joueurs de ce lieu devienneznt spectateurs, Unity (logicielle de création de jeu vidéo) devient un logiciel de mise en scène. De l’interaction tant appréciée, on s’arrête et on observe dans l’attente d’une compréhension immédiate. Habitué à la vitesse, on ne trouve plus de tutoriels au début de nos jeux. On se branche et on commence à jouer. Cette vérité trop simple ne s’applique pas partout. Il faut encore faire un effort de compréhension.

Lorsque le Golem et le chat attendent un joueur, un sentiment étrange nous anime. Serait-ce une blague, une simple anecdote ? Au premier regard, oui évidement. Une blague 2.0 totalement ancrée dans les technologies actuelles. Le jeu vidéo déchaîne les passions quand Alix Désaubliaux les enchaîne dans une vidéo. Cette pièce propose une longue attente, 16 min 40 sec d’observation passive, de frustration ? Désireux de connaître la fin, on se contraint à regarder ce monde virtuel s’écrouler lentement… puis reboot. Mais si le spectateur assis devant ce jeu vidéo sans interaction possible est un joueur, il est un joueur qui ne joue pas. Est-il encore un joueur ? Quel pied-de-nez.

Lorsqu’on attend, le monde qui nous entoure, tout comme le monde qui entoure le chat et le Golem de glace, avance tranquillement. Vers où va-t’il ?

Que se passe t-il dans l’esprit de ces personnages? Entre l’attente, l’angoisse et la souffrance, la quête sans fin du Golem et le repos du chat. Sont-ils heureux ? Finalement, on en revient aux questions existentielles de Kant : Qui suis-je ? D’où viens-je ? Où vais-je ?

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